Depuis plusieurs années, notre conciergerie d’entreprise La Minut’rit travaille avec des ESAT et Entreprises adaptées (EA) partout en France. Nous travaillons notamment avec APF Entreprises 3i concept pour l’un de nos clients du Finistère. Pour nous parler des handicaps invisibles, nous avons donc demandé à Valérie Gloaguen, sa directrice adjointe et à Valérie di Chiappari, rédactrice en chef du bimédia Faire Face, site d’actualité et magazine pratique pour mieux vivre le handicap. A la fin de l’article, nos concierges prennent aussi la parole pour expliquer comment la conciergerie peut aider un collaborateur ayant un handicap.
Des handicaps invisibles mais pas imaginaires
80 % des handicaps ne se voient pas. Invisibles, ils n’ont pourtant rien d’imaginaire. Sclérose en plaques, épilepsie, bipolarité, surdité, dyslexie… : aujourd’hui, ils et elles témoignent.
Ni fauteuil roulant, ni canne blanche, ni quoi que ce soit laissant supposer l’existence d’une déficience. 80 % sont invisibles. Sclérose en plaques, maladie rare, trouble cognitif, sensoriel, psychique, autisme… : des atteintes qui ont pourtant de lourdes conséquences au quotidien pour celles et ceux qui en sont atteints.
Incompréhension et préjugés
Des conséquences en matière de santé : grande fatigue, perte d’équilibre, de mémoire, douleurs… De vie sociale, professionnelle, familiale. Celles et ceux concernés doivent alors affronter l’incompréhension des autres et leurs préjugés.
« Donner l’apparence de vivre en communion. »
Mickaël souffre de dyslexie. Dans ces échanges avec les autres, il doit faire preuve d’une immense concentration et trouver des « subterfuges » pour « donner l’apparence de vivre en communion« . Voici son témoignage.
Errance médicale, multiples souffrances
Elles sont liées à leur pathologie – perte d’équilibre, grande fatigue, problèmes de mémoire, crises d’angoisse…, qui s’expliquent enfin quand le diagnostic a été posé. En effet, selon une enquête menée à l’initiative de l’Alliance maladies rares, le temps nécessaire au diagnostic reste long : plus d’un an et demi pour la majorité des malades et plus de cinq ans pour un quart d’entre eux.
Quand le diagnostic est posé plus tôt, comme pour la sclérose en plaques avec une errance médicale inférieure à deux ans, l’erreur demeure néanmoins fréquente. Comme dans les cas d’épilepsie. Résultat : des retards de traitement ou des traitements inadaptés, sans oublier les souffrances physiques et psychiques qui vont avec.
Manque de reconnaissance
Les difficultés sont aussi liées au regard que les autres portent sur les personnes atteintes d’un handicap invisible. L’absence de “marqueurs” clairement identifiables (fauteuil roulant, canne, appareil auditif…) génère bien souvent incompréhension, voire exclusion. Aussi bien avec la famille, les amis, collègues et, de façon plus large, dans la société toute entière.
“C’est dans ta tête “ , “Tu le fais exprès” , “Pourquoi as-tu droit à cet aménagement de ton bureau et pas moi ?” , “ Votre enfant fait trop de caprices” : ces jugements, les personnes porteuses d’un handicap invisible y sont régulièrement confrontées quand leur mémoire vacille, leur humeur change, leur fatigue s’accroît. Et elles se retrouvent souvent face à ce choix : dire ou ne pas dire pour ne pas être stigmatisées.
Invisibles, ils n’ont pourtant rien d’imaginaire…
Cette partie de l’article vous est proposé par Valérie Gloaguen, directrice adjointe et Valérie di Chiappari, rédactrice en chef du bimédia Faire Face, site d’actualité et magazine pratique pour mieux vivre le handicap.
Les discriminations poussent à cacher son handicap au travail
Pour aller plus loin, nous vous proposons l’écoute du podcast produit par Louie Media, il s’agit d’un épisode de “Travail (en cours)” :
Comment les discriminations poussent à cacher son handicap au travail
Décryptage du podcast
“ Hélaine Lefrançois décortique en quoi le validisme – le fait de considérer que l’absence de handicap est la norme sociale – pousse les personnes qui ont un handicap invisible à le cacher à leur employeur, et les conséquences pour ceux qui choisissent de ne rien dire.
Elle a recueilli le témoignage d’Eglentyne, qui a une scoliose évolutive et des problèmes de cervicales. Elle a mal tout le temps, et quand elle force trop, elle fait des crises de névralgie. Quand elle cherchait un emploi dans le commerce, elle n’en a pas parlé à ses recruteurs. Une fois en poste, elle a continué à cacher son handicap, quitte à mettre sa santé en danger. Hélaine Lefrançois a aussi interrogé Marie Catheline, qui a elle aussi longtemps gardé pour elle sa fibromyalgie, et n’a pas du tout été soutenue par son manager quand elle en a finalement parlé pour bénéficier d’aménagements d’horaires. Vous entendrez aussi Anne-Marie Waser, sociologue maître de conférences au Centre National des Arts et Métiers, et dont les recherches portent sur la relation entre santé et travail. “
source : Louie Media
Ce sujet étant crucial, nous allons proposer un atelier exclusif à 10 responsables RH faisant partie de nos clients pour échanger avec un expert sur ce sujet.
Pour plus de renseignements, contactez Cécile TAUVEL, qui animera cet atelier avec la directrice de APF entreprise – 3i concept.
Comment la conciergerie peut aider un collaborateur ayant un handicap ?
Nos concierges étant dédiés à leurs entreprises clientes, ils connaissent bien les collaborateurs et ceux-ci peuvent parfois se confier sur leurs problématiques personnelles.
Christine Borgeaud est concierge d’entreprise au Havre depuis avril 2018, elle témoigne .
Témoignage de Christine Borgeaud
« J’ai connu Madame X lorsque j’ai commencé à faire un passage par semaine dans tous les bureaux d’une des entreprises clientes.
Pour Madame X cela a été un enchantement de pouvoir bénéficier des services de la conciergerie sans se déplacer de son bureau.
Madame X a une maladie neurologique évolutive : la maladie de Friedreich, cela entraîne des troubles de l’équilibre et de la coordination. Elle se déplace en fauteuil roulant.
Mais, quand on la voit assise derrière son bureau, on ne se doute pas qu’elle a des soucis de santé. Elle a toujours le visage rayonnant, souriante, les cheveux toujours impeccables brillants, lisses…elle m’a d’ailleurs donné la recette : un lisseur de qualité et un bon masque !
Nous avons tout de suite sympathisé.
Le rituel est le suivant : je lui envoie un SMS le jeudi pour connaître ses demandes et le vendredi elle est livrée !
Sa commande favorite est : une baguette « bien moelleuse » ! Elle avait ainsi ses petites courses pour le week-end et le début de semaine.
Une fois, Madame X avait prévu de partir rendre visite à des amis habitant au Canada. Elle m’a missionnée pour dénicher des petits cadeaux typiques « Français et Havrais ». Avec tous nos prestataires cela n’a pas été compliqué à trouver.
Et puis l’épidémie de Covid est arrivée.
Le confinement, le télétravail quasi obligatoire, les directives de l’entreprise, ont espacé grandement nos rencontres. Je gardais le contact et lui demandais des nouvelles par SMS.
« La maladie a pris le dessus », m’a dit Madame X il y a quelques mois: perte de près de 20 kilos et arrêt maladie.
La semaine dernière nous avons échangé au téléphone pour la première fois depuis le début d’année. Elle avait une bonne voix et va bientôt reprendre le travail.
La Minut’rit sera toujours disponible au cœur des vies !”
Christine BORGEAUD, Concierge